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Interview de créatrices

Rencontre avec Sabine, créatrice Les Femmes à Barbes : du dessin au bijou, en passant par l'impression 3D

Rencontre avec Sabine, créatrice Les Femmes à Barbes : du dessin au bijou, en passant par l'impression 3D

L’un de mes plus grands plaisirs chez Sélène Provence est de partir à la rencontre de nos créatrices partenaires et d’échanger avec elles sur leur quotidien.

Pour ce cinquième rendez-vous en présentiel (les autres interviews du blog ont eu lieu à distance), c’est à Montreuil que je me rends en ce 10 mars pour rendre visite à Sabine, la créatrice des Femmes à Barbes. C’est la troisième fois que je rencontre Sabine : la première quelques jours avant notre pop-up du 6 février à Marseille, puis la deuxième quelques jours après (pour récupérer et déposer son stock de bijoux) et enfin cette troisième après-midi pour papoter, découvrir plus en détails son atelier, essayer sa nouvelle collection et lui poser des questions sur son parcours et son quotidien d’entrepreneure.


Sabine est la première créatrice de bijoux que j’interviewe et le procédé technique m’intéresse tout particulièrement.

Sabine, si tu passes par ici : un grand merci pour ton accueil – chaleureux comme à chaque fois – et pour tes confidences !

[Sabine à gauche et Sarah de Sélène Provence à droite]


Parcours d’une femme créative et entrepreneure

Sabine a étudié les arts appliqués. En 2001, lors de ses études, elle fonde Les Femmes à Barbes avec son amie Céline. A l’époque, sa marque propose des accessoires textiles créatifs (cols boutonnés, mitaines, manchettes…) et les deux amies vendent leurs réalisations dans des boutiques de créations parisiennes : un premier pas assuré dans l’entrepreneuriat. L’une de leurs motivations ? Inventer des concept, être les premières (ou presque) à imaginer un produit novateur, joli et utile.

A la suite de ses études et jusqu’en 2009, Sabine est professeure d’arts appliqués. Elle garde la main sur Les Femmes à Barbes comme projet annexe. En 2009, elle décide de se consacrer entièrement à sa marque : le saut dans le grand bain !

Elle conserve le nom de leurs débuts avec Céline même si après plusieurs années, le cadre a changé : Céline ne suit pas le projet, les envies de Sabine ont évolué. Les Femmes à Barbes, c’est avant tout pour Barbès, là où le projet a démarré. Les femmes ce sont Sabine et Céline. Le nom reste car il représente l’ADN de la marque : il plaît (aussi bien aux femmes qu’aux hommes), il marque les esprits, il est un lien avec le commencement du projet – un lien affectif.
Au (re)lancement en 2009, Sabine s’oriente tout de suite vers les bijoux. Très fantaisie d’abord, elle se professionnalise petit à petit pour proposer aujourd’hui une gamme de bijoux plus raffinés. Son premier réflexe ? S’entourer de professionnels du métier : des personnes compétentes pour l’entourer et la guider.

En 2018, toutes ses collections sont fabriquées en plaqué or, car Sabine cherche à proposer des bijoux plus durables. Elle continue de pratiquer l’émaillage qui la passionne, une technique qu’elle a appris lors de ses études aux Arts Décoratifs avec l’option « Arts du feu » .


La création au quotidien chez les Femmes à Barbes

Sabine sort deux fois deux collections par an et les imagine longtemps à l’avance à chaque fois. Elle collectionne les carnets d’inspiration et note tout ce qui lui passe par la tête. Elle prend des photos, dessine des croquis… La nature l’inspire tout particulièrement.

Suite à ses croquis, elle passe tantôt au dessin sur Illustrator (logiciel de design) puis à un outil pour des réalisations en 3D, d’autres fois, elle travaille directement la matière pour former ses pièces.

De l’idée au produit final, il n’y a qu’un pas (enfin un peu plus tout de même). Suite au dessin 3D, Sabine confie son bijou virtuel à une entreprise 3D qui lui découpe ses précieux sur des planches en laiton. Elle reçoit alors ces dernières chez elle pour une vérification et un décrochage. Elle les prépare avant de les confier pour la mise en forme et la soudure à un artisan expert. Elle les récupère ensuite pour les polir à la main et les préparer pour le montage qui est réalisé par une autre artisan expert.

Les bijoux partent enfin chez un doreur parisien qui va les traiter en plaqué or pour les bijoux, et avec une dorure plus légère pour les broches et les bijoux de cheveux.

Les premiers temps, elle avait un atelier où tous.tes les artisan.es étaient réuni.es. Sur le principe tout fonctionnait très bien mais Sabine s’est vite rendue compte que la majorité de son temps était dédiée au management et à l’encadrement de son équipe et non à la création pure, ou aux étapes de fabrication qu’elle devait réaliser. Après un congé maladie et une remise en question, Sabine décide de changer son fonctionnement : elle est maintenant seule dans son atelier-showroom et ses partenaires indépendants travaillent à distance. Ce nouveau système lui convient tout à fait et lui permet d’avoir la liberté et la flexibilité pour avancer à son rythme. Ce point est particulièrement intéressant et nous permet de nous rendre compte à quel point il est important de se questionner en permanence lorsque l’on entreprend : puis-je améliorer mon quotidien ? quel(s) changement(s) puis-je mettre en place pour un meilleur équilibre de vie ?

Pour en revenir à la fabrication pure, Sabine reçoit dont les plaques suite à l’impression 3D. Chaque planche est comme un puzzle ou un jeu de société avec des pièces à minutieusement dégrafer. Imaginez une grande plaque de laiton avec des dizaines voire des centaines de minuscules pièces à retirer soigneusement. Il s’agit de l’étape de décrochage.

Vient ensuite l’ébavurage dont Sabine s’occupe : elle ponce les petits pics d’attache. Elle coupe aussi les chaînes puis les envoie à son soudeur partenaire ou à sa monteuse selon les modèles. Au moment de la soudure, se déroulent également les étapes de la mise en forme pour les manchettes ou les bagues par exemple. Il s’agit de « tordre » le matériau pour lui donner sa forme finale. Sabine privilégie les bijoux à taille unique qui peuvent s’adapter sur les doigts ou les mains de celles/ceux qui les portent.

Suite à la soudure et à la mise en forme (réalisées par un partenaire), les bijoux sont de retour à l’atelier de Sabine pour vérification. Entre chaque étape externe, la créatrice vérifie chaque pièce individuellement pour éviter la moindre erreur et pouvoir la réparer avant de l’envoyer à l’étape suivante.

Vient ensuite le moment du polissage avec une machine dont Sabine s’occupe dans son atelier. Cette étape est contraignante : Sabine utilise un tour et des outils peu simples à manier. Le travail est sale à cause de la pâte à polir utilisée et fastidieux. Définitivement pas l’étape préférée de Sabine (mais tellement importante ! C’est la finition du bijou qui en découle !)

Suite au polissage, les bijoux sont envoyés à la monteuse – une artisane qui pose les fermoirs, s’occupe des assemblages pour certaines pièces. Les modèles reviennent à Sabine avant le dernier moment de la création de ses bijoux.

Dernière étape : la dorure. Sabine travaille avec un artisan parisien – un doreur – qui utilise de l’or éthique pour les bijoux Les Femmes à Barbes. Ce que cela signifie : l’or des bijoux est acheté uniquement en France chez l’un des trois seuls revendeurs qui certifie que l’or vient de mines dites éthiques (travailleur.ses de la mine opérant dans des bonnes conditions de travail, rémunéré.es à leur juste valeur, pas de travail d’enfant… cela semble évident mais il est malheureusement important de le préciser dans ce secteur !). Une partie de la production de Sabine est également fabriquée avec de l’or recyclé.

Dernier contrôle qualité par Sabine puis émaillage à la commande par la créatrice (en effet la spécificité des Femmes à Barbes est que vous pouvez choisir parmi 10 couleurs d’émail pour chaque modèle ou presque), nettoyage, emballage (ils sont d’ailleurs très bien réalisés, plein de touches d’attention) et expédition vers vos boîtes aux lettres !



Que de chemin parcouru depuis le croquis sur papier mais quelle merveilleuse histoire de découvrir au fil du récit de Sabine les étapes de fabrication de vos bijoux Les Femmes à Barbes.

Tous.tes les artisan.es avec lesquel.les Sabine travaille sont à Paris et les échanges se font donc vite et bien.

Au niveau de l’émaillage, 2 couleurs changent tous les 6 mois – à chaque nouvelles collections : ce qui permet à Sabine de créer de nouvelles couleurs (en mélangeant ses nuances) et aux client.es de varier les plaisirs au fil des saisons. Cette saison, ce sont le mint et le rouille qui viennent rejoindre la collection : deux couleurs tendance de cet été 2021 ! 

De l’inspiration à la collection

Quand je demande à Sabine ce qui l’inspire, sa réponse ne se fait pas attendre : « tout ». La technique l’attire et l’inspire (une forme, une façon de travailler le bijou…). La nature l’interpelle.

Elle se fixe souvent des challenges techniques pour se dépasser et apprendre en permanence de nouvelles techniques. Sabine fuit l’ennui et propose donc des collections régulières pour s’entraîner elle-même – et faire plaisir à ses client.es bien-sûr.

Au-delà de ses nouvelles sorties, Sabine doit également gérer les commandes de son site Internet (mais aussi la communication, la comptabilité…) ainsi que les commandes de ses boutiques partenaires. En moyenne, par semaine, c’est une dizaine de nouvelles commandes qui lui sont passées et autant de bijoux à fabriquer avec son équipe.

Je demande alors à Sabine ses conseils pour entreprendre. Sans plus attendre, les voici :

  • être très organisé.e – c’est primordial !
  • avoir envie de toucher à tout
  • être passionné.e
  • ne pas compter ses heures (même s’il faut s’imposer un rythme pour son équilibre)
  • s’entourer des bonnes personnes
  • se faire plaisir

Les conseils de Sabine défilent et on sent que la créatrice a déjà réfléchi à la question. L’entrepreneuriat est loin d’être de tout repos mais Sabine a réussi à trouver ce qui lui convenait et a appris à se connaître.

Elle a compris :

  • Qu’elle ne finirait pas ses to-do lists (mais que ce n’était pas grave)
  • Qu’elle avait besoin de s’imposer des plages horaires pour lire ses mails (elle les lit le soir et y répond à tête reposée le matin puis – à partir de 9h ou 10h – ferme l’onglet pour passer à une autre mission même si les mails ne sont pas finis.)
  • Que couper était difficile mais qu’il lui fallait des congés avec sa famille (son mari et son fils) et de préférence de longue durée : 1 semaine aux vacances scolaires et 1 mois l’été. Elle coupe de son atelier parisien mais c’est souvent la période pendant laquelle sa créativité est la plus en ébullition. Elle dessine, elle prend des photos, elle s’inspire : d’une vague sur un roche, d’un sillon dans le sable, d’un coucher de soleil, d’un caillou, d’une plante, d’une brindille, d’une architecture, d’une femme ...

Sabine aime les plaisirs simples : le dessin, le jardinage, la cuisine, la nature, être au cœur de la nature, voir ses ami.es.


Dans les coulisses de ses collections

Lorsqu’elle crée Sabine cherche le côté pratique pour faciliter la vie de ses client.es :

  • des bijoux fins pour sa nouvelle collection pour pouvoir les porter sans gêne sous un masque (et oui, situation actuelle oblige)
  • des bijoux d’inspiration végétale pour respirer (même sous son masque donc) et s’évader mentalement au cœur de la nature

Elle propose également de nombreuses couleurs pour chaque modèle pour s’adapter aux goûts de ses client.es.


Mieux connaître Sabine

La force des Femmes à Barbes ? S’adresser à toutes les femmes, proposer des styles et des gammes de prix varié.es.

Son modèle préféré ? Elle a adoré dessiner la broche Fantasy. Elle avait peur initialement car il s’agit d’une pièce volumineuse mais elle a rapidement su rencontrer son public ! Elle a aussi adoré créer la collection Dots : minimaliste et pourtant compliquée à créer tant les bijoux sont fins.


Si elle ne devait porter qu’un type de bijoux ? Des bagues et des broches. A créer, elle préfère les boucles d’oreilles et les broches, c’est d’ailleurs par là qu’elle commence chacune de ses collections.

Ce que Sabine préfère dans son métier ? La création et le dessin, mais aussi l’émaillage et le sentiment de satisfaction quand elle reçoit ses pièces entre chaque étape de travail, notamment la première plaque de chaque collection.

Ce qu’elle apprécie moins ? La comptabilité et le polissage – elle aime son côté magique mais moins le côté physique, fatiguant et très salissant.



Suite à notre entretien, Sabine me présente son atelier, ses collections (que je peux essayer !) et c’est un bonheur d’être au milieu de toutes ces pièces raffinées.

Merci Sabine pour ton accueil, pour la porte ouverte sur ton univers. Merci aussi pour la transparence de ta production – un point essentiel chez Sélène Provence.

Je ne sais pas pour vous mais cette rencontre m’aura permis de mieux comprendre la complexité du métier de créatrice de bijoux (et entrepreneure !) ainsi que le rythme effréné de Sabine. Cela me donne d’autant plus envie de porter fièrement les collections de Sabine et d’en parler autour de moi pour valoriser le travail manuel et humain, créatif et unique.

Bravo Sabine et merci !

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