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Interview de créatrices

Interview d'Amaia d'Amaë : "Je cherche à revaloriser l'allaitement et l'indépendance des femmes"

Interview d'Amaia d'Amaë : "Je cherche à revaloriser l'allaitement et l'indépendance des femmes"

Rendez-vous incontournable : celui des interviews de nos créatrices partenaires chez Sélène Provence. Aujourd’hui, en cette fin juillet 2021, c’est avec Amaia - créatrice de la marque de vêtements d’allaitement Amaë, que Sarah - notre co-fondatrice - a pu échanger. Ce rendez-vous était attendu impatiemment car Amaia a choisi un secteur bien précis et Sarah avait très envie d’en savoir plus.

Découvrez sans plus tarder le parcours et le quotidien d’Amaia, apprenez-en plus sur ses convictions et ses engagements. Et bien sûr, rendez-vous dès maintenant sur Sélène Provence pour découvrir intégralement sa première collection.



Le déclic pour entreprendre

Amaia travaillait dans le secteur du textile depuis plusieurs années quand elle est tombée enceinte de son fils. A sa naissance, cherchant des vêtements d’allaitement, elle ne trouve malheureusement rien à son goût et l’envie de créer sa propre garde-robe stylée et pour allaiter, voit le jour.

Le plus difficile pour Amaia ? Trouver des vêtements élégants, pour reprendre le travail après quelques semaines, tout en continuant d’allaiter son fils. Amaia trouve alors une maigre offre de vêtements adaptés - principalement des tee-shirts et des sweats - mais rien qui ne lui convient, aucun vêtement coup de coeur qu’elle se voit porter et re-porter. Amaia n’hésite pas longtemps et forte de son expérience dans le textile, elle décide de se lancer et créer sa propre marque de vêtements, une marque qu’elle rêverait de porter : Amaë.

A ce moment-là, tout s’accélère. La jeune femme quitte alors Lyon et lance juridiquement Amaë en janvier 2021 et sa première collection de vêtements d’allaitement en avril 2021 (et oui c’est très récent !), ainsi que son site Internet dans la foulée.

Au-delà de ce manque de modèles adaptés sur le marché, Amaia se rend compte qu’il y a également un trop peu d’informations autour de l’allaitement, et plus particulièrement de la combinaison entre l’allaitement et le retour au travail. De par son entourage ou les personnes l’accompagnant durant sa grossesse, Amaia est souvent induite en erreur et ne trouve pas de message clair, adapté à son propre quotidien. Pour elle, pas vraiment de culture de l’allaitement en France et des fausses idées circulent.

Aujourd’hui, chez Amaë, elle cherche à combler ce manque et à mettre davantage en avant ce sujet si important. Elle cherche à faire passer des messages et revaloriser l’allaitement et l’indépendance des femmes.

Allaiter ne veut pas dire mettre de côté ses projets, son retour au travail et son envie de bien s’habiller. Amaia précise aussi que la grossesse et les mois qui suivent sont loin d’être simples pour la confiance en soi des femmes : le corps change, il évolue et il n’est pas toujours simple de suivre ces modifications. Parfois, passer une jolie robe colorée peut aider à se sentir mieux, plus en confiance. La confiance, une valeur si chère à nos yeux chez Sélène Provence également !

Pour Amaia, trouver des vêtements adaptés quand on allaite - c’est un réel casse-tête. Si bien qu’on achète souvent des vêtements d’allaitement pour cette fonction première et non parce qu’ils correspondent à notre style - pensant qu’on ne peut pas tout avoir. Amaia veut briser cette idée et proposer aux personnes allaitantes de beaux vêtements dans lesquels elles se sentent bien et qu’elles porteront avec plaisir encore des années après.



Amaia le rappelle : lorsque l’on commence à allaiter, on ne sait pas combien de temps cela va durer. Quelques jours, semaines, mois ou années - idéalement, il ne faut donc pas acheter des pièces pour cette courte période uniquement. Pensons durable.

Petite anecdote de notre pop-up Sélène Provence de juin 2021 à Paris : certaines clientes (qui se reconnaîtront peut-être) sont reparties avec une robe Amaë, très heureuses… et sans projet immédiat d’allaiter ! Amaia confirme qu’il s’agit de l’une de ses plus grandes fiertés : tout le monde peut porter ses vêtements, même sans allaiter. Les robes fleuries et les hauts élégants d’Amaë sont de véritables pièces coup de coeur pour les clientes.

Pari gagné donc pour Amaia la créatrice : ses vêtements ne ressemblent pas à des vêtements d’allaitement (à savoir des vêtements uniquement utilitaires) mais des modèles pour se sentir confiantes, à l’aise, des pièces que l’on aurait choisies dans tous les cas.


Stylisme et expérience dans le textile, comment Amaia s’est lancée

Pour Amaia, sa force est de venir du secteur textile. Elle remarque que certaines marques de vêtements d’allaitement proposent uniquement des tee-shirts ou des sweats car le patron est souvent plus simple, le stylisme plus rapide quand on n’a pas ou peu d’expérience dans le secteur. Amaia - elle - a travaillé plusieurs années en tant que chef de produit et responsable achat dans le textile. Elle a de l’expérience dans la création de vêtements de A à Z.


Au lancement d’Amaë, la créatrice a longuement réfléchi pour créer un modèle coup de coeur, tout en l’adaptant dans un second temps à l’allaitement. Elle s’est basée sur sa propre expérience de mère et a interrogé beaucoup de mamans pour connaître leurs attentes en termes de vêtements d’allaitement et les manques qu’elles déplorent. Ce n’est pas parce que l’on allaite que l’on veut mettre de côté son envie de bien s’habiller et de se préparer des tenues pratiques et jolies pour le quotidien.

La première étape pour Amaia a été de se faire une liste de fournisseurs et de leur rendre visite au Portugal - un pays choisi pour sa proximité avec la France, son expertise dans le milieu du textile et les bonnes conditions de travail.

Amaia le dit et c’est un fait : il n’est pas évident de trouver un bon sourcing, de bons fournisseurs avec lesquels créer une relation de confiance. Pour la créatrice, l’une des priorités est d’avoir un atelier proche pour pouvoir s’y rendre régulièrement et réduire la pollution liée au transport. Son expérience lui a permis de trouver rapidement des personnes de confiance pour sa jeune marque. Elle lui a aussi permis d’éliminer certains intermédiaires pour une création plus directe et un prix plus abordable pour les client.es à la fin.

Ainsi, Amaia n’a pas de styliste - elle réalise elle-même le croquis du vêtement, définit les mesures et la forme, puis son atelier partenaire au Portugal réalise un premier prototype et lui renvoie. Amaia l’essaie alors et note les modifications à faire pour arriver à un vêtement parfait et correspondant à ses attentes. Elle échange beaucoup avec ses interlocuteur.ices au Portugal, très expérimenté.es également dans la production.

Au niveau de l’équipe derrière Amaë, Amaia travaille principalement seule, en lien avec son atelier au Portugal. Son conjoint l’accompagne lorsque c’est possible et elle travaille également avec une photographe pour les shootings photos de ses collections. Pour le reste, Amaia s’occupe du stylisme des collections, de la création des modèles avec son atelier, du service client et de l’envoi des colis, de la communication et des réseaux sociaux, de la stratégie de développement, de la gestion de son site, de la comptabilité et de nombreux autres projets.


Et l'éco-responsabilité chez Amaë ?

Toute la collection Amaë est produite au Portugal, dans un atelier à taille humaine et respectueux des conditions de travail de ses employé.es.


Au quotidien, Amaia se demande “quelle est la façon la plus responsable d’agir ?”. Cela n’est pas simple de produire de manière éco-responsable à 100% lorsque l’on est une jeune marque - il y a toujours une marge de progrès et il faut jongler entre les envies et les coûts.

Ses vêtements sont labellisés Oeko-tex. Le packaging est éco-reponsable : les boîtes d’envoi sont en carton recyclé et recyclable, fabriquées en France tout près de chez elle, tout comme le papier de soie qui est conçu localement également.

Amaia met également un point d’honneur à proposer des vêtements durables qui se porteront bien après la période d’allaitement, au fil des saisons, tout en étant “coup de coeur”. Amaia aime beaucoup la mode mais cherche à proposer un dressing intemporel, des vêtements qui ne sont pas trop extravagants et liés à une mode trop pointue ou éphémère pour éviter à ses client.es de s’en lasser.

Ses inspirations ? La mode, la décoration, ses balades. Elle adore aussi travailler les palettes de couleurs.

Suite à ses échanges avec ses clientes, Amaia l’a bien compris : les vêtements proposés doivent être pratiques avant tout. Et cela concerne également l’entretien et le repassage. Les mères n’ont souvent pas le temps de laver à la main leurs vêtements et c’est important d’écouter leurs besoins en premier lieu.

Pour Amaia, un vêtement durable est avant tout un vêtement que l’on portera très souvent - pas un vêtement dans une matière très fragile ou délicate que l’on portera au final très peu par “flemme”. Amaia prend l’exemple des vêtements en lin : matière éco-responsable mais peu pratique à ses yeux, qui se froisse, ne se lave pas toujours en machine… Amaia a pris le parti pris suivant pour la durabilité : créer des vêtements qui se portent et se re-portent, facilement.

Et c’est d’ailleurs ce qu’on apprécie chez nos créatrices partenaires chez Sélène Provence : elles ont chacune leur vision de l’éco-responsabilité et de la mode éthique et au fil de nos discussions avec elles, notre point de vue change, évolue. La mode éco-responsable est réellement plurielle et l’essentiel est de faire de son mieux, en accord avec ses valeurs - un concept qu’Amaia met parfaitement en place, avec une cohérence totale.

Pour ses collections, Amaia se demande ce qu’elle rêverait de porter et croise son ressenti avec les retours des mamans autour d’elle.



Le quotidien d’Amaia, entrepreneure engagée

Les missions d’Amaia - en tant qu’entrepreneure et cheffe d’entreprise - sont très variées. De la création de produits à la création de contenus pour les réseaux sociaux, de la préparation de colis à la comptabilité, Amaia jongle entre plusieurs casquettes.

Ce qu’elle préfère ? Concevoir ses modèles, réfléchir à ce que les mamans aimeraient porter quand elles allaitent et après. Elle apprécie aussi beaucoup les relations qu’elle entretient avec ses clientes sur les réseaux sociaux et les retours qu’elles lui font.

Ce qu’elle aime le moins ? Les missions administratives même si elle apprend beaucoup.

Le plus dur ? Trouver du temps pour tout faire ! Un réel challenge pour tout.e entrepreneur.e !


Son conseil ? Être passionné.e ! Quand on l’est, ça nous tient et nous motive au quotidien. De ne pas oublier la gestion également : au final de réussir à jongler entre sa passion et la gestion.


Et la suite pour Amaë ?

Amaia travaille actuellement sur sa prochaine collection et espère la sortir cette année. Avec la crise sanitaire que nous vivons, ce n’est pas simple car les fournisseurs au Portugal sont sévèrement impactés. La deuxième collection est finalement plus difficile à sortir que la première. C’est un grand challenge et Amaia a vraiment hâte de pouvoir y parvenir : certaines de ses clientes lui demandent “déjà” des nouveautés !


Et sur le long terme ? Vêtements de grossesse, vêtements pour enfants pour des looks matchy-matchy… non, Amaia souhaite se focaliser sur les vêtements d’allaitement, un secteur qui connaît un réel manque selon elle. Elle considère également qu’il s’agit d’une gamme de produits pas simple à proposer car les femmes perdent beaucoup de poids rapidement à l’accouchement, proposer des vêtements dans lesquelles elles se sentent à l’aise et confiantes n’est pas toujours chose aisée. La silhouette évolue et l’estime de soi n’est pas toujours au beau fixe à cette période de la vie : Amaia cherche à accompagner les femmes dans cette étape.

Une chose est sûre : ce ne sont pas les idées qui manquent ! Amaia a de nombreux croquis d’avance et beaucoup de projets en tête.


Le mot de la fin : son regard sur Sélène Provence et l’entrepreneuriat féminin

Spontanément, Amaia nous confie qu’elle apprécie l’idée de valoriser l’entrepreneuriat féminin, comme nous le faisons chez Sélène Provence - une valeur importante à ses yeux. Pour elle, nous ne sommes pas forcément aussi bien armées que les hommes pour se lancer. L’accompagnement, la mise en lumière et l’entraide sont donc primordiaux.


De son côté, cela a été difficile d’entreprendre en tant que femme et mère car on attend beaucoup (trop) des femmes en matière de parentalité. Notamment en période de pandémie. Les mentalités évoluent (trop) lentement et pour Amaia, nous ne sommes pas égaux en termes de modes de garde, l’un des principaux freins pour entreprendre.

Les statistiques sont également formelles : l’immense majorité des start-up qui lèvent des fonds sont encore fondées par des hommes.

Amaia finit sur ce point : entreprendre est un challenge au quotidien. On pense avoir davantage de flexibilité mais ça n’est pas si simple que cela, notamment lorsque l’on a des enfants. C’est passionnant mais challengeant. Au final, c’est aussi la maternité qui nous fait changer, qui recentre nos priorités et nos envies. Amaia ne regrette rien et entreprend avec passion.

Un grand merci à Amaia pour son temps et son retour si enrichissant ! 

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