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Interview de créatrices

Charline, créatrice de reHer : “Consommer éco-responsable pour revenir aux valeurs fondamentales”

Charline, créatrice de reHer : “Consommer éco-responsable pour revenir aux valeurs fondamentales”

C’est devenu un rendez-vous incontournable que Sarah, notre co-fondatrice, adore particulièrement : les interviews de nos créatrices partenaires !

Aujourd’hui, c’est avec Charline - fondatrice de la marque engagée reHer - que Sarah a pu échanger pour en apprendre plus sur son parcours et son quotidien d’entrepreneure dans la mode éthique.

Un parcours atypique

Charline est diplômée d’une école de commerce. Un master en marketing et un MBA en achat plus tard, elle se tourne vers le conseil informatique et travaille pendant 7 ans dans un cabinet en tant qu’ingénieure d’affaires puis responsable d’agence. Gestion d’équipe, management… ce dernier poste forge la personnalité de Charline et l’encourage à mettre l’humain au coeur de ses projets, comme c’est maintenant le cas chez reHer.

Arrivée à Montpellier en 2019, Charline envisage de monter son propre cabinet de conseil puis tout s’arrête brutalement avec la crise sanitaire. Optimiste et entrepreneure dans l’âme, Charline se demande ce qu’elle veut vraiment faire : quelles sont ses motivations pour se lever le matin, comment exprimer ses valeurs ? Développer sa marque de vêtements apparaît comme une évidence.

En 2017 déjà, Charline a l’idée de se lancer dans le textile sans oser se lancer. Mais l’arrivée du Covid change ses perspectives d’avenir et Charline décide de transformer cette situation négative en une réelle chance pour ne pas avoir de regrets. reHer, sa marque de vêtements éco-responsables, voit donc le jour fin 2020, après plusieurs mois de réflexion et de création.

Chemise Althea & Crop-top Alyssum

 

Les débuts de reHer

Après 4 ans de réflexion, l’idée finit par germer toute seule fin 2020. Charline part de ses valeurs essentielles - des valeurs piliers comme elle le dit - pour construire sa marque : le Made in France, si important aux yeux de l’entrepreneure qui souhaite relocaliser les emplois et limiter les transports
et l’humain au centre, une valeur qui caractérise toute sa carrière

Au niveau de l’aspect mode à proprement parler, Charline est bien entourée puisque l’un de ses amis est styliste. Elle lui parle du projet et il signe tout de suite ! Pour Charline, c’est primordial d’être bien entouré.e pour se lancer dans un tel projet. Travailler avec une personne avec qui l’on partage de telles affinités est un gros plus pour elle.

Toutefois, Charline clarifie directement les bases : “il faut se positionner différemment quand on travaille avec un ami pour avoir des échanges sains, clairs et honnêtes.”

Et la suite a suivi : trouver les bons modélistes, les bons ateliers, les bons fournisseurs… tout s’est enchaîné très vite et naturellement. Entre septembre et décembre 2020, les salons ont repris et c’est là où Charline a rencontré ses partenaires pour le développement de sa première collection.

Ce premier lancement a vu le jour au milieu de multiples embûches. Charline croit en l’économie et au savoir-faire locaux mais la réalité est plus compliquée. Trouver des ateliers compétents et sérieux qui n’atteignent pas des tarifs dignes du luxe est presque mission impossible en France. En effet, de nombreux ateliers de confection français fonctionnent sur des marchés de niche et les prix atteignent des sommets. Pour Charline, le challenge se corse : elle souhaite proposer du Made in France oui, mais abordable.

Heureusement, Charline avance et trouve les bons prestataires : sa première collection voit ainsi le jour en avril 2020.

Quand Charline repense à ce que ses proches lui disaient au début de l’aventure, elle ne peut qu’être fière. Pour eux, il fallait minimum 2 ans pour lancer une marque, elle l’a fait en 1 an : efficace ! Contrairement à d’autres entrepreneur.es qui se lancent, Charline a tout de suite été à 400% sur reHer. Elle a travaillé 6 jours sur 7 dès le début et a dédié toute son énergie à sa marque. Une des raisons qui fait que reHer a pu voir le jour si vite.

Jupe Iberis & Short Plumbago

Le quotidien de Charline chez reHer

Charline travaille seule et est entourée de nombreux freelances : modéliste, les prestataires de l’atelier, community manager… Elle a également eu 2 stagiaires - Youna et Marie - et sera épaulée par une alternante dès septembre 2021.



Pour la fondatrice, pas de journée type, c’est sûrement le propre de l’entrepreneuriat et sa richesse. Elle gère tout de A à Z pour sa micro-structure : les relations avec les partenaires comme Sélène Provence, les relations avec la communauté sur Instagram, le développement commercial, la gestion de chaque collection, la comptabilité, la préparation des shootings, les relations avec les agences presse et les influenceuses… La liste est longue et variée !

Si on lui demande ce qu’elle préfère, Charline n’hésite pas : la création ! Choisir les modèles sur lesquels elle va travailler, dessiner les grandes lignes de la collection, recevoir les échantillons avec impatience, rencontrer les fournisseurs, imaginer la collection… La création est une phase plurielle. Pour elle, c’est une étape très enrichissante où elle travaille beaucoup avec Aaron, son styliste.

Dans la création, elle adore notamment l’étape du shooting. Au lancement, c’était elle la modèle qui posait avec ses vêtements, aujourd’hui - après 1 an - elle travaille avec des comédiennes, comme récemment à Montpellier. Elle adore être en coulisses, chercher à valoriser le produit, l’accessoiriser, voir des mois de travail prendre vie devant ses yeux.

La créativité est au cœur du métier de Charline : elle cherche à proposer des produits intemporels que ses clientes porteront longtemps avec plaisir. L’étape du shooting est primordiale pour prouver que ses vêtements peuvent aussi devenir des pièces fortes grâce aux accessoires, à la manière de les porter. Une photo ça n’est pas simplement pour présenter un produit, c’est pour transmettre une émotion, un message.

Et si on lui demande ce qu’elle apprécie moins dans son quotidien, elle hésite davantage. Elle parle de la comptabilité et du suivi des stocks, tout en nuançant son propos. “Au final les stocks, ça a un côté euphorisant : je peux faire le bilan de ce qui a été vendu sur la semaine, c’est concret !”

Finalement, Charline aime tout dans son nouveau métier et ne changerait pour rien au monde !

Veste Sarriette & Crop-top Alyssum

La production éco-responsable chez reHer

Cela n’a jamais été une question pour Charline : le Made in France était la première étape. Cela évite de longs transports et relocalise l’emploi. Son atelier est en banlieue parisienne, son styliste à Paris et de son côté elle s’y rend régulièrement depuis Montpellier pour suivre l’avancée des collections.

Quant aux matières utilisées pour ses collections, Charline avait également une vision dès le début. Ses matières sont toutes 100% : 100% coton, 100% laine, 100% soie… Cela facilite le recyclage du produit. Elle met un point d’honneur également à ne pas insérer de fermeture éclair dans ses vêtements pour qu’ils soient simples à déstructurer pour réutiliser la matière et lui assurer une seconde vie. Le choix des tissus et de la mercerie a donc toute son importance chez reHer et rien n’est laissé au hasard.

Sa première collection a été certifiée GOTS à 90% - seule sa jupe était produite en coton biologique non certifié. Pour elle, le label bio est primordial, GOTS est un plus qu’elle essaie d’obtenir pour chaque collection.



Pour son prochain lancement, Charline sera justement sur du 100% GOTS et 100% local. Son pull sera par exemple réalisé en chanvre merinos - produit en France par une productrice locale. Elle cherche vraiment à solliciter les producteurs nationaux de matières premières pour que sa production soit locale du début à la fin, dès le début de la chaîne quand cela est possible.

L’avantage du label GOTS ? La traçabilité est possible d’un bout à l’autre de la chaîne de fabrication : les certificats sont disponibles, il est possible de tracer la provenance du coton, les structures sont auditées, les mineurs ne travaillent pas, les salaires proposés sont décents...

Un autre sujet important aux yeux de Charline : l’upcycling. Elle récolte avec ses partenaires des chutes de tissus pour en faire des chouchous - peut-être d’autres accessoires à l’avenir. Elle essaie de produire le moins de déchets possibles pour avoir une consommation plus responsable.


Quant au nom reHer

“Renaissance” ou “Rebirth” et “Révolution” de la femme - qui est représentée par le “her”. Pour Charline, elle voit sa marque comme une prise de conscience pour consommer mieux et de manière plus engagée pour respecter notre environnement. Le message qu’elle aimerait transmettre ? Faire de son mieux pour repartir sur des valeurs essentielles.

Pour Charline il faut oser se lancer, il faut croire en soi : reHer comme une seconde naissance.


Parlons peu, parlons inspirations mode

Pour sa première collection, Charline avait plein d’idées. Pour la seconde, qui sort prochainement, Charline a pris le temps de créer un univers pour ses vêtements avec son styliste Aaron. Tous deux souhaitent mettre en lumière les basiques de la garde-robe.

Rapidement, les idées fusent : pour mettre en lumière les essentiels de notre penderie et le Made in France, Charline a pensé à un univers doux et simple. Elle souhaite valoriser les richesses du territoire français. Ainsi, sa prochaine collection sera douce et enveloppante, cocooning. Douce comme la terre, comme les Cévennes - une région tout près de Montpellier - là où elle habite - qui l’inspire tellement. Quand l’idée est arrivée, Charline a regardé des dizaines de photos en ligne : les bergeries, la nature, les moutons, les vieilles maisons, le feu qui crépite dans la cheminée… Le décor était planté et a orienté ensuite le choix des coloris, des matières, des coupes.

Au delà de ses collections, ce qui inspire Charline :
  • Une couleur ? le bleu
  • Un lieu ? l’Inde
  • Une femme célèbre ? Meryl Streep
  • Le vêtement qu’elle aimerait créer : une belle robe à porter à une cérémonie ou au quotidien avec un perfecto et des sandales

Chemise Althea & Veste Sarriette

 

Les conseils de Charline pour des femmes entrepreneures

Ce n’est pas simple de se lancer mais Charline souhaite partager sa réalité de l’aventure. Pour faire simple, “tous les jours tu te lèves pour résoudre un problème”. C’est enrichissant, c’est un réel travail sur soi et toutes les difficultés surmontées aident également dans l’environnement personnel ou pour de futurs projets. Mais il faut en avoir conscience avant de se lancer.

Un conseil de Charline : bien s’entourer, la réussite du projet tient en grande partie aux partenaires ! Il faut s’entourer de personnes de confiance, bienveillantes et honnêtes. Il faut les choisir au-delà de leurs compétences mais réellement pour leurs qualités humaines, ce qui créera des relations saines. Quand les valeurs sont partagées et que la confiance est présente, le pari est gagné.


Ses indispensables durables dans sa penderie

Un beau jean bien coupé, une belle chemise blanche, un super sac à main et un blazer élégant. Même si au final ce look est davantage associé à Paris. Dans le sud, elle pencherait pour plus de légèreté !


En un mot, pourquoi consommer éco-responsable

Pour revenir aux essentiels, aux valeurs fondamentales et pour respecter les gens. Il faut se rendre compte que de très nombreuses personnes travaillent sur une collection et pour Charline le respect se perd. Considérer les gens, leur proposer un travail respectueux, dans des conditions décentes… voici la base de l’éco-responsabilité. Pour Charline, éco-responsabilité rime également avec consommation raisonnée et modérée. Il faut faire marche arrière sur la société de consommation pour sauver la planète et contrebalancer les abus des dernières décennies.

 

Et la suite pour reHer ?

Sa prochaine collection ne va pas tarder : quelques jours après notre entretien, Charline devait valider les toiles et va présenter la collection en juillet à la presse et fin septembre au public avec le lancement officiel de la collection. D’ici là : un été studieux… peut-être dans les Cévennes ?


Merci à Charline pour son temps et son partage d’expérience, un plaisir pour nous chez Sélène Provence de découvrir les parcours si inspirants de nos créatrices partenaires !

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