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Interview de créatrices

Camille, créatrice de Maison Cala : « Le tissu le moins polluant c’est celui qu’on ne produit pas »

Camille, créatrice de Maison Cala : « Le tissu le moins polluant c’est celui qu’on ne produit pas »

C’est devenu un rendez-vous que l’on adore organiser chez Sélène Provence : les interviews avec nos créatrices partenaires ! Tantôt en présentiel – chez elles ou dans leurs ateliers – tantôt par téléphone – notamment en cette période particulière – ces moments sont toujours de douces parenthèses que l’on souhaite toujours prolonger. On parle souvent d’entrepreneuriat, de lancement de marque, d’études et parcours atypiques (ou non), de passion et d’envie, de conseils ou encore d’engagement. Dans tous les cas, ce sont des lectures que nous vous conseillons tant les écrire nous a enrichies – peut-être qu’elles vous apporteront tout autant.

Aujourd’hui, nous revenons sur l’échange entre Sarah – notre co-fondatrice – et Camille – fondatrice et couturière de la marque Maison Cala – qui a eu lieu le 28 avril.

 

Le parcours de Camille, fondatrice de Maison Cala

D’un profil littéraire et artistique, Camille a obtenu son bac L puis a réalisé une mise à niveau en arts appliqués (MANAA) ainsi qu’un BTS stylisme. Là, en 2009, elle apprend les bases de la couture, le patronage… des compétences qui lui servent au quotidien aujourd’hui et qui ont nourri son envie de fonder un jour sa marque de mode.

Suite à un stage réalisé dans le cadre de son BTS, Camille se rend compte qu’elle ne souhaite pas être styliste pour une autre maisonelle souhaite entreprendre et créer sa marque, en accord avec ses goûts et ses valeurs. Elle s’oriente alors vers une licence professionnelle en marketing et communication autour de la mode où elle apprend les rouages du merchandising, du e-commerce, de la communication digitale… Sa formation est complète.

Suite à ses études, son conjoint trouve un premier emploi à Vienne, près de Lyon. Camille décide de s’y installer également et cherche son premier CDI en communication dans la mode à Lyon. Elle continue à gagner en expérience dans un premier temps. Au bout de 6 mois de recherches, Camille ne parvient pas à trouver l’emploi de ses rêves. Elle se tourne alors vers la vente et travaille pour deux enseignes semi-luxe. Elle est alors vendeuse puis responsable de corner. Camille se pose de nombreuses questions sur la provenance des produits, leur qualité, leur prix, sur l’éthique de la vente. Les techniques de vente qu’on lui conseille lui donnent l’impression de mettre une certaines pression aux clientes pour pousser à toujours plus d’achats. Camille ne s’y retrouve plus – elle travaille énormément mais son emploi n’est pas en accord avec ses valeurs, ni ses envies. Camille attend alors son premier enfant, elle en profite pour quitter ce milieu.

Lors de sa première grossesse, Camille réfléchit à un métier qui a du sens à ses yeux. Après son congé maternité, elle travaille donc en maison de retraite en tant qu’aide-soignante. Malgré l’intérêt qu’elle porte à ce nouveau travail, Camille cherche à s’épanouir davantage. Elle est active, dynamique et adore prendre des initiatives.

C’est à ce moment-là qu’une amie – créatrice de bijoux – lui demande de l’aide pour réaliser la communication de sa marque et l’aider à vendre ses modèles. Le déclic nécessaire. Camille change alors d’orientation pour repartir dans le marketing et la communication – elle reprend même des études pour décrocher son Master et est alors en alternance chez EDF à Lyon. Une expérience qui lui aura énormément appris !

Camille – qui avait continué de coudre pour le plaisir – se reprend alors à rêver d’entrepreneuriat. A la fin de son alternance, Camille se lance ! Financièrement parlant, elle bénéficie de l’ACCRE ce qui lui permet de se lancer avec un filet de sécurité.

En septembre 2019, le rêve prend forme et Camille fonde Maison Cala avec l’idée de créer une marque éco-responsable et engagée pour aller à l’encontre de ce qu’elle avait connu dans sa première expérience.



Trois règles pour Camille :

  • Ne pas surproduire
  • Faire appel à la réutilisation de matériaux
  • Imaginer des collections élégantes et aussi stylées que celles des marques qu’elle côtoyait avant, sa touche perso en plus

 

Les débuts de Maison Cala

En septembre 2019, Camille se lance seule. Elle se forme à l’entrepreneuriat en parallèle en suivant des rencontres organisées par la CCI mais se rend compte que cela ne lui correspond pas forcément. Elle souhaite entreprendre – oui – mais à sa manière et à son rythme. Camille ne rêve pas d’une multinationale et de centaines d’employé.es, seulement de son atelier, sa collection et de quoi produire à son échelle en ayant un peu de trésorerie.

Jusqu’à décembre 2019, Camille suit toutes les étapes primordiales pour lancer son entreprise : création du logo, lancement de la communication, réflexion autour des valeurs de l’entreprise… Camille reprend alors tous ses cours de marketing, crée son site Internet et coud ses premiers modèles. Du stylisme à la communication, de la comptabilité au service client, du développement web à la stratégie ; Camille est seule mais plus motivée que jamais !

Une première grande étape : Camille commence à vendre pendant un pop-up store près de Lyon. Elle se fait alors connaître et noue des premiers liens réels et concrets avec des clientes. Les retours positifs la boostent et l’encouragent d’autant plus à continuer.

 

L'équipe derrière Maison Cala - aujourd'hui et dans le futur

Après 1 an et demi d’existence, Camille avance toujours seule pour Maison Cala. Elle cherche toutefois à s’entourer pour la couture. En effet, elle me confie qu’elle s’éclate pour imaginer le modèle, le dessiner, coudre le prototype… mais la répétition de la couture des modèles ne l’enchante pas plus. Cela prend énormément de temps. Camille aimerait donc s’entourer d’un.e couturier.e pour produire plus rapidement et suivre le rythme des commandes.

Dès le mois de mai 2021, Camille sera également accompagnée d’une stagiaire pour l’aider à gagner en visibilité dans des boutiques physiques. Il n’est pas toujours simple de convaincre la clientèle en ligne car elles ne peuvent essayer les modèles ou toucher les vêtements – Camille cherche donc à s’implanter en physique. D’ailleurs, si vous tenez une boutique multi-marques en France et que vous souhaitez en savoir plus sur ses collections et conditions de vente en BtoB, n’hésitez pas à la contacter.

 

Eco-responsabilité au coeur de la production

Dès le début, Camille a mis un point d’honneur à produire ses collections de manière éthique et éco-responsable.

Elle chine ses tissus dans des associations comme Emmaüs, des brocantes, sur le Bon Coin (notamment pendant les confinements !) ou en récupérant des chutes de tissus et des fins de stocks via le bouche à oreille. Camille a su créer son réseau et aujourd’hui de nombreuses couturières l’appelle pour leur donner leurs fins de stocks ; sa maman arrive à en récupérer également. Et c’est amplement suffisant ! Camille a une large collection de tissus qui n’attendent qu’à être aimés et utilisés. Cette contrainte l’oblige à produire en mini-série et ses vêtements sont presque tous uniques ou produits en très peu d’exemplaires.

Pour Camille, la récupération de tissus et leur réutilisation est le processus le plus responsable possible car il ne vise pas à produire de nouvelles matières. Camille donne ainsi une seconde vie à des tissus oubliés et respecte les fondamentaux de ses valeurs. On ne peut qu’adhérer !
« Le tissu le moins polluant c’est celui qu’on ne produit pas » c’est la mentalité Maison Cala.

 

Le quotidien de Camille - ses activités préférées... et les autres

Camille a le sens du relationnel, elle adore lier des contacts – comme c’est le cas avec Sélène Provence par exemple ! Camille me précise qu’elle est ravie de nous avoir connues et d’évoluer avec nous – c’est très motivant pour elle. Elle aime travailler seule de chez elle et ne pas avoir de collègues ne la dérange pas mais elle adore rencontrer d’autres entrepreneures et acteur.ices du secteur, échanger avec elle.eux, partager des visions…

Camille adore le lien avec ses clientes également – elle échange beaucoup avec elles sur Instagram et certaines sont devenues des amies. Ou encore avec les professionnel.les des ateliers de production qu’elle a pu rencontrer et qui l’ont toujours inspirée et enrichie.

Au-delà des rencontres, Camille est bien sûr passionnée de création et ce depuis toujours. Là-haut, ça bouillonne en permanence ! Elle imagine les coupes, les modèles, elle passe ses journées dans ses tissus à les imaginer portés. Son activité préférée est de rêver un univers et faire en sorte qu’il plaise à ses clientes.

Pour la créatrice, le vêtement est un vecteur de bonheur qui apporte de la joie au quotidien. Porter un vêtement que l’on aime procure du plaisir, nous donne la pêche pour sortir et nous rend confiantes.

Ce que Camille aime moins ? La répétition dans les missions. Coudre 50 lingettes identiques, réaliser sa comptabilité tous les mois… Camille a besoin de changement et d’action. Elle peut compter sur le soutien de ses proches – et notamment celui de son mari – pour l’aider dans différentes missions et ainsi alléger quelque peu son quotidien d’entrepreneure solo.


Les inspirations de Maison Cala

Camille ne se pose pas la question – les inspirations vont et viennent, partout et tout le temps. Camille suit de près la mode et les influenceuses sur Instagram pour analyser les envies du moment. Elle apprécie notamment @thebabooshka, @lilylovesfashion ou encore @lisagermaneau. Malgré tout, la créatrice n’aime pas le mot « tendance » pour parler de ses collections : ses vêtements sont faits pour durer et être aimés année après année. Toutefois, elle trouve son inspiration dans les coupes, les matières et les formes repérées en partie sur Instagram et les influenceuses aux looks pointus.


Elle cherche toujours à proposer des modèles intemporels – dans cette quête de la durabilité – mais y associe des détails inspirés de son quotidien. Cela peut provenir de films, d’Instagram… Elle observe les associations de tissus, la décoration – une inspiration peut naître d’un papier peint ! Elle assemble ensuite les pièces comme un puzzle pour créer ses vêtements.


Son péché mignon ? Les blouses blanches ! Pour Camille, tu peux les garder pendant des années et il est possible de varier les looks et les envies pour ne jamais s’en lasser.

 


Rythme des journées de Camille

Camille a aujourd’hui un petit garçon de 7 ans et un bébé de 5 mois.

Avant d’avoir son deuxième enfant, Camille n’avait pas de journée type et pouvait suivre ses envies. Elle alternait entre des rendez-vous professionnels extérieurs pour des partenariats (presse, production, événements, boutiques…), la couture de ses modèles, la communication autour de Maison Cala, l’animation des réseaux sociaux, la rédaction de sa newsletter… Un équilibre entre les missions du quotidien et les imprévus – comme aller chercher du tissu près de chez elle en dernière minute. Tout cela dans le quotidien d’une vie de maman avec un petit garçon à aller récupérer à l’école.

Le week-end elle essaie de couper même si ça n’est pas toujours simple. Elle se réserve toutefois les activités « fun » et créatives pour le samedi et le dimanche (broderie sur des pulls chinés, réflexion de la prochaine collection…). Un mot d’ordre : pas de projet contraignant le week-end !

Désormais maman d’Aristide, son bébé, Camille avoue avoir fait l’erreur à sa naissance d’avoir cru pouvoir continuer de travailler quasiment totalement en misant sur ses siestes du matin et de l’après-midi mais c’est aujourd’hui mission impossible. Aristide dort peu et Camille culpabilise de ne pas travailler ou de ne pas assez s’occuper de son enfant. Dilemme compliqué pour une maman-entrepreneure.

Camille a dû se résoudre à très peu travailler lors des 3 premiers mois de son bébé – une frustration dont Camille peut aujourd’hui parler.

Son conseil pour les femmes entrepreneures sur le point d’avoir un bébé : il est plus prudent de se dire que l’on va s’arrêter pendant 4 mois et de conditionner son esprit à travailler le moins possible pour éviter toute frustration.

Les premiers mois ont été très difficiles pour Camille : « je me sentais nulle, je me disais que je n’arrivais à rien et qu’a vouloir travailler je n’étais pas là pour mon bébé ou qu’à vouloir m’occuper de mon bébé, je ne travaillais pas assez. ». Camille affirme avoir pris en pleine figure l’image de la « mumpreneur » (parfaite mère, femme et entrepreneure). Les réseaux sociaux n’ont pas aidé.


Aujourd’hui, Camille prend du recul et va mieux. Chaque journée est différente et elle avance au feeling. Elle travaille selon le rythme d’Aristide en essayant de ne plus culpabiliser. Quand il est réveillé, elle coud car le ronronnement de la machine à coudre le divertit et l’amuse – quand il dort, elle avance sur le marketing de Maison Cala depuis son ordinateur pour faire moins de bruit. Jusqu’au mois de septembre, elle continuera de s’adapter à son rythme. L’été s’annonce chargé car son aîné sera également avec elle.

Un conseil de Camille, qu’elle essaie d’appliquer à elle-même : ne pas être trop exigeante avec soi-même ! Un conseil important mais pas toujours simple à suivre…

 

Les conseils de l'entrepreneure

Camille est de nature assez prudente – elle conseille de peser sa motivation et le retour sur investissement à chaque fois. Prudence aussi sur le financement : pour elle - ne mettez pas toutes vos économies dès les trois premiers mois de votre projet, car il va s’affiner et vous serez contente d’avoir gardé des économies pour financer ces ajustements.

Presque paradoxalement – et c’est là tout le difficile équilibre de l’entrepreneur.e – il faut pourtant se lancer et ne pas regretter !
Pour Camille, l’entrepreneuriat est une aventure géniale où l’on apprend énormément, plus qu’en entreprise.

Son petit challenge personnel (et vous pouvez également l’appliquer à votre propre projet) ? Que 2 nouvelles personnes connaissent son entreprise chaque jour (via les réseaux sociaux, les événements, le bouche à oreille…).
Pour résumer : y aller à fond sur ce que l’on peut faire de ses 10 doigts et « piano-piano » sur les finances et les risques à prendre !

 

Et les prochaines étapes pour Maison Cala

Camille va travailler avec une stagiaire (Camille également !) pour développer sa marque. En octobre 2021, elle espère également pouvoir participer au Greener Festival à Lyon et au Printemps des Docks en novembre – deux événements majeurs pour l’artisanat local.

Camille aimerait également vendre dans une boutique avec un concept qui lui plaît vraiment. D’ailleurs, si vous pensez à une boutique de créateur.ices sympathique dans votre ville, pensez à nous contacter et nous le dirons à Camille.

Un autre projet : réaliser des partenariats d’envergure avec ses influenceuses préférées même si elle les sait très sollicitées.

Aujourd’hui, elle continue de réaliser ses vêtements grâce à la méthode de l’upcycling et elle aimerait continuer à évoluer sur le chemin de l’éco-responsabilité pour s’améliorer encore et encore. Elle a par exemple récemment re-découvert le lin via un body offert par une amie pour son bébé. Elle aimerait ainsi dénicher un lin produit en France pour sortir un petit top léger !

De la nouveauté arrive vite et Camille espère continuer de voir grandir sa jeune marque. C’est tout ce qu’on lui souhaite !

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